mercredi 15 janvier 2014

Guy de Maupassant, Le Horla



D’abord une courte version est parue en 1886 dans Gil Blas puis une plus longue version a été publié en 1887 dans son recueil de nouvelles nommé aussi : Le Horla, cette nouvelle est depuis sa parution un incontestable succès parmi les deux cents quelques nouvelles que Maupassant à publié tout au long de sa courte existence. Œuvre troublante pour l’époque et encore effrayante pour nous, contemporains toujours avides de plus de sang et de violence. Ce qui rend Le Horla si sinistre est justement l’absence de sang et de violence. Seuls une impression, un sentiment ou une pensée peuvent suffire à installer une peur chez l’être humain.

Voilà tout le génie de Maupassant installer la peur, le doute et l’angoisse à partir de pas grand-chose, disons-le, si ce n’est qu'une peur de la peur. Ou si l’on veut, quand l’homme se sent traqué, observer et épier sans pouvoir l’expliquer. Nous assistons en fait, à l’introduction de l’auteur dans le monde de la folie, passant maintenant du conte réaliste au conte fantastique. Avec la narration sous forme de journal intime ainsi que le réalisme du narrateur corrélant directement avec l’auteur, porte à croire que cette nouvelle est ce qu’il a réellement noté dans son journal. Sachant qu’il a tenté de se suicider, qu’il a été interné et qu’il ressentait toujours une présence qui le suivait quand il marchait dans le bois derrière sa maison, on ne peut que s'imaginer lire le journal intime de Maupassant. De plus l’écrivain disait que lorsqu’il se voyait devant un miroir il se voyait à l’extérieur de lui ou bien que la personne qu’il voyait était un étranger.

L’œuvre dépeint sous forme de journal autobiographique les peurs causées par un « monstre » invisible qui semble s’acharner sur le personnage principal et où on le suit de jour en jour, assistant à l’évolution de sa démence. Au départ il parle du monstre en question en utilisant le « on », car il ne sait pas trop si la chose existe. Puis, peu à peu les expériences étranges et inquiétantes qui se succèdent laissent croire au narrateur que la « chose » existe réellement. Ensuite, il l’entend murmurer son nom : Le Horla. Sans donner plus de détails, la suite des événements ainsi que la fin restent fort surprenantes et inquiétantes. Ne serait-ce qu’en se transposant à l’époque où Guy de Maupassant à écrit cette nouvelle et en supposant que ceci est nouveau dans le milieu littéraire pour en ressentir tout les frissons, les angoisses, les tourments de l’auteur que ressentaient les gens en 1887 qui n’avait jamais rien lu, vue ou entendue de la sorte.
  
Le Horla autant en tant que nouvelle et recueil reste depuis plus de cent ans un classique de la littérature française et l’incarnation de la folie et des peurs. Un travail de maitre de l’auteur de Boule de suif, La main, Bel-ami et plusieurs autres. Un incontournable à découvrir et à relire. Ce conte a inspiré plusieurs courts, moyens et longs métrages ainsi qu’une pièce de théâtre. Une si petite histoire qui a ouvert de si grands horizons de la littérature fantastique.

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